la place du con… tent !
ça sert à rien de ménager le suspens, car au vu de tous les messages de félicitation que j’ai reçu, vous connaissez déjà mon résultat à la Transvé… 4° sur un podium qui pour une fois offrait 5 marches. Voici le récit de mon aventure:
Suite à ma 11° place de l’année dernière, je fais maintenant partie des dossards « protégés »… le n°13 (je ne suis pas superstitieux) me laisse donc accès à la première ligne. Même si chaque ligne comporte 30 pilotes, c’est quand même un avantage. Samedi après midi, je récupère donc ma plaque à la Colmiane et passe au marquage du cadre et des roues (ceci afin d’éviter toute triche d’assistance). Le temps de boire un petit café en terrasse et l’orage de montagne éclate. Un bel orage pas trop long mais assez intense pour soulever une légère inquiétude quant à l’état du terrain jusqu’au col d’Andrion. De toute façon pas la peine de changer les pneus, le beau temps est annoncé pour demain et ceci sur tout le parcours. Je ne suis toujours pas stressé, et même pendant la défaite de l’USAP je ne me rongerai pas les ongles. Je vais juste boire une petite bière pour essayer d’aborder la nuit dans les meilleures conditions. En effet depuis la naissance de mon Pipiou, dés que je dois dormir loin de ma petite famille… je ne dors pas, et là évidemment, je ne vais pas déroger à la règle : une mauvaise nuit, je vais passer. Pas trop important sur une course aussi longue, juste un peu gênant pour le départ à froid.

Levé à 5h, je déjeune de peu, un grand café et 2 petit pains d’Essène à la figue. La mise en grille à 6h et les 30 minutes d’attente avant le départ, vont très vite passer à discuter avec mes gentils adversaires. Il fait pas trop froid, et j’hésite même à enlever la souris de planche à voile que j’ai glissé sous mon maillot. On monte quand même à 2100m et j’ai peur d’avoir froid. Déception cette année, il n’y a pas d’hélicoptère pour filmer le départ et faire monter la pression (à cause du sommet France-Afrique les décollages (et le survol) touristique des environs de Nice est interdit). Le départ est quand même donné et je me retrouve 30° à la 1° chicane, 40° à la 2° et 50° au virage du chalet là où commencent les pourcentages positifs. Je suis planté mais c’est pas grave, je remonte « tranquillement » dans les 20 premiers. Le départ est quand même terrible, la piste large qui serpente sur cette piste de ski est super raide, et je vais mettre 2 fois pied à terre pour éviter de rentrer dans la zone rouge. Je pers quelques places au col de la Colmiane au passage de la première difficulté, un dévers mouillé plein de racines glissantes, mais ça sera ma seule chute de la journée et sans conséquences. Je passe dans les 15 au col des 2 Caires, où Bailly-Maitre répare une crevaison, il n’arrive pas à démonter sa valve et demande de l’aide à son coéquipier à poigne Legastellois. Les 2 hommes me feront une démonstration de glisse dans la première longue descente menant au col d’Andrion (la boue, c’est pas mon truc heureusement il y en avait peu). Un gel avalé en vitesse , je passe 13° au col avant de me faire enfumer par Julliot qui s’était arrêté pour réparer (rapidement) une crevaison. Je le suis à bonne distance avant qu’il ne me lâche sur le sentier d’approche du Brec d’Utelle, mais là encore pas d’inquiétude, je ferai l’effort dans le porté mais sans toutefois le reprendre. La descente ne va pas trop bien se passer, la première partie est super technique dans de la caillasse mobile avec de grosses épingles et je ne suis pas dans le rythme. Heureusement, je me fais reprendre par Golay dans la 2° partie rapide et il va me remettre dans le droit chemin pour aborder la 3° partie de cette descente vers Utelle, la plus belle des 3 à mon goût.
A Utelle, en surchauffe, faut absolument que j’enlève la souris : lunette, casque, sac à dos, maillot, bretelles… je vais perdre un peu de temps mais mon frère aura le temps de me nettoyer les lunettes et moi de manger un autre gel et de boire une gorgée de RedBull. Je suis 11°, Lamarque abandonne sur casse mécanique et je redouble Golay avant la Madonne et son portage qui va me permettre de conquérir les places d’honneurs. Je double Mendoza, Frech, Lopez et me fait rattraper par Legastellois dans la longue descente vers le pont du Cros. J’y suis en 3h40 exactement comme l’année dernière et je sais que tout va se jouer dans cette longue montée, d’abord en portage, sur sentier puis sur piste. Tel un Kenyan (dixit Legastellois), je fais l’effort dans le portage pour pointer en 5° position à la déchetterie où je refais le plein d’eau et essaye de varier mon alimentation en mangeant deux Babibel (impossible de manger mes pâtes d’amandes). Pendant ce temps là Frech me re-double et je me retrouve encore seul avant de finalement rattraper Julliot au col du Dragon. A la faveur des remontées, j’arrive à garder le contact sur lui en descente et nous passons Filippi à l’arrêt « moteur cassé » (Vassel m’a appris à l’arrivée qu’il avait aussi cassé la carrosserie). Je lâche Julliot dès les premières pentes du Mont Cima
et à la faveur du portage du contournement du Mont Chauve, je me retrouvre à 30″ de la 3° place. Mais malgré la dernière descente, point de Fresch et en rentrant dans la Jungle, je décide de lever le pied et d’assurer le coup. J’arrive dans le lit du Paillon avec une seule idée en tête : ne pas me perdre comme l’an dernier et suivre un super balisage: de petits tas de cailloux ayant sur leur sommet un point rouge. Chose pas très facile, quand on s’aperçoit que des coquelicots y poussent aussi. Julliot me rattrape et je suis content de le voir, il va me servir de poisson pilote dans ce final merdeux et je suis confiant quant à l’issue d’une arrivée en portage « cap y cap » avec lui pour la 4° place. Mais le duel n’aura pas lieu, je prends un instant la tête, mais au mauvais moment… Julliot qui avait bien repéré le final (et le reste aussi) me dit de faire attention aux… trop tard, des tessons de bouteilles explosent mon pneu, le latex ne peut rien y faire, je suis à 3 kilomètres de l’arrivée, Julliot s’en va sans moi, je suis 5° et derrière la meute arrive. Un dilemme se pose à moi : réparer au risque de voir passer le 5° (Lopez) sans rien pouvoir faire ou mourir les armes à la mains dans un final en courant. J’ai bien essayé de rouler le pneu arrière à plat, mais dans le Paillon ou quand la pente de l’arrivée finale était trop raide, je n’avançais pas. Heureusement, après le Paillon, le final est un bon gros portage dans des escaliers, où je commence à entrevoir une issue favorable avant de terminer par une des
cente sur goudron puis dans des escaliers roue à plat et carrée pour franchir la ligne 5° et CONTENT. Bailly-Maître 1°, Vassel 2°, Frech écopera de 10 minutes de pénalité pour une coupe improbable et laissera le podium à Julliot (et à moi la 4° place) et permettra au jeune Lopez de monter avec nous sur ce fameux podium à 5 places donnant droit au voyage à la Mégavalanche de la Réunion.
Je fais 30 minutes de mieux que l’année dernière. J’étais pas plus entraîné, par contre j’étais mieux armé. La polyvalence de l’Engine Lab m’a vraiment facilité la tâche. Nerveux et confortable, stable et agile… une plume (de 11kg3) dans les portages, le NGN140 est vraiment l’arme ultime pour ce genre d’épreuves qualifiée d’XC extrême.
En guise de conclusion, un petit « pense pas bête » pour l’année prochaine des points à modifier :
- l’alimentation : plus de pâte d’amande, trop difficile à avaler pour moi, je me contenterai donc de gel chaque 45min et de Babibel sur la fin. Une boisson de l’effort m’évitera de supplémenter en pastille de sel. Et le must serait deux sacs à dos…(idée cadeau….!)
- matériel : tige de selle automatique en 4″ à la place de la 3″ pour certains passages limites où je manquais d’assurance.utilisation de manchettes plutôt qu’une souris.
- préparation : même si je sais que je peux encore progresser physiquement, d’un point de vue technique, va falloir se déplacer sur place quelques semaines avant pour une reconnaissance du circuit…
Merci pour vos encouragements pendant la course et pour vos félicitations d’après course.
Félicitations aux nombreux finishers avec qui j’ai pu longuement discuter à l’arrivée.
BJ comme on dit (Bien Joué) je suppose que ça te laisse encore pas mal d'ambition pour 2011 et bon voyage à la Réunion alors ?
oui c'est clair que j'aimerai faire mieux encore... me tarde l'année prochaine vue que j'ai plus envie de refaire du XC !